SAUVEGARDE ET VALORISATION DU PATRIMOINE FRUITIER LOCAL

ARIEGE - AUDE - vallée de l'Hers
 
     
 

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Compte-rendu de la journée de formation professionnelle :
Diversifier les productions : les variétés anciennes – l’expérience du GIE «Cerises d'Itxassou/Itsasu»


 

La formation professionnelle du 25 janvier 2010, organisée par ATOUTFRUIT à Roumengoux (Ariège), a permis de voir comment relancer une production et assurer des débouchés économiques suffisants avec des anciennes variétés de fruits grâce à l’exemple réussi des cerises basques au travers du GIE «Cerise d'Itxassou/Itsasu» présenté par l’association XAPATA à l’origine de ce projet.

 

Xan ESTEVECORENA et Maryse CACHENAUT, tous deux membres de l'association XAPATA et du GIE « Cerise d'Itxassou/Itsasu », ont présenté le projet et la démarche de leur action de développement d'une filière à partir de leur patrimoine local.

Les débuts
L'action a commencé en 1994 avec un groupe de 12 agriculteurs (en général éleveurs), mais déjà leurs parents et grand-parents cultivaient cette cerise sous la forme d'arbres de plein vent. Les cerises étaient cueillies sur des échelles, mises dans des grands paniers et transportées en traîneaux pour être vendues dans les lieux touristiques et les grandes villes proches Bayonne et Biarritz.

En 1995, ils ont réalisé un premier film, pour présenter l'historique de la cerise d'Itxassou en présentant des personnes âgées racontant leurs souvenir. 1200 arbres avaient été plantés cette année et le projet était de monter à 5000.
Actuellement il y a 6000 cerisiers plantés sur 10 hectares avec essentiellement 3 variétés : Peloa, Gerezi Beltxa et Xapata.

Pour greffer les arbres, le GIE a fait appel à un pépiniériste professionnel de Lyon d'abord, puis ils ont trouvé un pépiniériste plus local (Laffitte). Le porte-greffe retenu, qui convient bien au projet (de vergers piéton) s'appelle Maxma 14. Le prix de revient se monte à 8 € le plant ce qui est un coût supportable pour l'agriculteur. Mais on peut faire mieux en s'approvisionnant en Espagne, près de Lérida où le coût tombe à 4 €/plant.

Les objectifs du projet du GIE étaient les suivants :
- relancer la cerise d'Itxassou (en verger piéton),
- chercher d'autres débouchés : fabrication de confitures.

L’évolution de la démarche et des actions
Au fur et à mesure de la réalisation du projet, des découvertes et nouveautés sont introduites :
- nécessité de la présence d'abeilles (au moins 2 ruches par ha),
- un peu de vente en frais au village et surtout lors de la fête de la cerise,
- un mariage culinaire réussi : le fromage de brebis d'Ardi Gasna avec la confiture de cerise,
- l'achat commun d'une dénoyauteuse (dont le coût approche les 10000 € !),
- pas d'atelier commun car la saison de cueillette est courte, mais des sessions de formation aux techniques de confiture (avec le CFPPA de Florac),
- l'utilisation de la congélation pour pouvoir justement se consacrer à la cueillette pendant la période de cueillette,
- des actions de commercialisation collective et de communication commune,
- la création d'un logo et le dépôt d'une marque « Cerise d'Itxassou/Itsasu » auprès de l'INPI.



Création de l’association XAPATA
Parallèlement au GIE, l'association XAPATA est créée pour la promotion de la « Cerise d'Itxassou/Itsasu ».
L'idée d'un lieu attaché au projet qui servirait de vitrine est née et est en train de se concrétiser. L'association souhaite y réaliser différents vergers collectifs :
- un verger conservatoire (pour les autres variétés en voie de disparition, il y en a 22)
- un verger collectif pour la mémoire du village, le trait d'union entre les générations
- un verger école pour les démonstrations, les visites, les formations, etc..
- un verger pépinière
- un verger d'expérimentation pour le greffage entre autres
- etc, ....

Le projet prend forme peu à peu : la mairie met un terrain de 2 hectares à disposition (bail emphytéotique) de l'association, à l'entrée du village.
Il s'agit d'un gros projet mais qui sera vraiment une vitrine pour le village et pour le GIE.
Une formation-action a été mise en place pour la réalisation du projet.

Un bilan-diagnostic a été réalisé ainsi qu’un plan de greffage des variétés en voie de disparition. Un architecte paysagiste, Nicolas PRAT (de Bordeaux), a travaillé sur le projet et proposé plusieurs esquisses dont celle qui a été retenue, comportant un circuit de découverte du patrimoine avec des curiosités comme la terrasse dans les arbres (Robinson), les passages de bergers, les murs en pierres de lauzes, les allées de cerisiers.....
Tout un aménagement paysager agrémentera agréablement le site avec 600 m de cheminement, des haies plessées, des îlots avec des harmonies de floraison soit 12 zones représentant les 12 quartiers du village (et dont ils portent le nom), des prairies pour les brebis entre les arbres...
La plantation des arbres a été faite avec le lycée agricole local (CFAA d’Hasparren).
Le logo ainsi que tous les panneaux sont bilingues (basque et français), dans un style de cartes postales anciennes.
Une signalétique a été installée à chaque entrée de village. Toute cette communication a coûté 10 000 € en tout !

Le plan de financement du projet est le suivant :
sur un total de 42 000 €, la commune a apporté 10 000 €, les subventions publiques s'élèvent à 40 %, des financements privés ont complété le budget.
Le projet a reçu un prix, Premier Prix du Pays Basque de la Fondation du Sociétariat de la BPSO pour la Découverte du Patrimoine.

Quelques aspects sur la commercialisation
Protection de la marque :
Il est essentiel de répondre à cette question afin que les initiateurs de la démarche ne soient pas usurpés par un industriel ou autres structures sans scrupules.
IGP ? Zone protégée ? Quelle zone ? Quelle protection ? Comment prouver le lien au sol ? Agriculture Biologique ? Label Rouge ? Relancer la plantation ? etc. Autant de questions qui n'ont pas encore trouvé de réponses !
Un débat s'engage sur l'intérêt de valoriser la production en agriculture biologique.

Vendre en frais ? Le calcul économique de la transformation en confitures montre le bon rendement de l'opération :
Pour 850 kg de cerises dénoyautées, on fabrique 4250 pots de 230 ml vendus 3.20 €/pot, soit un produit brut de 16 €/kg de cerises (soit 13600 € en tout) et si on retire les charges (0.54 €/pot), on obtient une marge brute de 13.54 €/kg soit 11294 € en tout.

Enfin Xan et Maryse nous présentent un petit film de télévision « Les Arts de vivre », un reportage sur leur action.

Merci à eux pour cette intervention dans le cadre des formations proposées par ATOUT FRUIT, nous allons certainement nous en inspirer pour développer un projet local autour de Mirepoix !

Rédaction et photos : Claude Fressonnet, texte avalisé par l’asssociation XAPATA.

 

Association ATOUT FRUIT
1 Chemin de la Mestrise
09500 MIREPOIX

Président : Vincent Dumeunier
vdumeunier@yahoo.com
tél : 06 31 91 68 53

Animatrice : Claude Fressonnet
claude.fressonnet@laposte.net
tél : 05 61 60 18 95