SAUVEGARDE ET VALORISATION DU PATRIMOINE FRUITIER LOCAL

ARIEGE - AUDE - vallée de l'Hers
 
     
 

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Quelques conseils techniques sur le verger

Au fur et à mesure des formations, quelques conseils seront reproduits sur ce site Internet que vous pouvez utiliser sur le terrain ou vous permettant de juger de la qualité de nos animations afin de décider d'y participer

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Implantation d'un verger : compte-rendu de l'animation du 17 novembre 2007
Animateur : Joël Bergeron de Jardiniers de France
Balades parmi 3 vergers de la vallée de l'Hers vif à l'est de Mirepoix

Où implanter un verger ?
Eviter les fonds de vallées qui sont en général gélifs.
Eviter également les sommets de colline qui sont en général trop secs, trop ventilés.
Choisir un lieu protégé des vents d’Ouest (dans cette région où ce sont les vents dominants). Sinon établir une protection à l’Ouest, c'est-à-dire des haies orientées Nord-Sud, en plantant.des persistants sous le vent et en retrait des feuillus ramifiés.

Comment répartir les espèces et les variétés sur le terrain ?
Au nord, on mettra les variétés les plus tardives.
En bas, on mettra les poiriers et les pommiers.
En haut les pêchers, amandiers, la vigne, qui se contentent de conditions plus sèches.

Que faut-il faire avant de planter ?
Le terrain est très embroussaillé. Il convient dans un premier temps de le gyrobroyer cet hiver.
Puis d’y semer un engrais vert pour l’été suivant. Plusieurs plantes peuvent être semées en guise d’engrais vert. Il semblerait même qu’une multitude de plantes différentes soient la clé du succès d’un bon engrais vert : céréales, légumineuses et plantes mellifères.
L’engrais vert doit être semé à une certaine densité au m2 (selon les espèces) et doit être récolté en début de floraison. Puis il sera laissé sur le terrain pendant quelques temps (quelques jours) et enfoui légèrement dans le sol.
Ensuite il faudra sous-soler le terrain (avec une sous-soleuse ou un gros « chisel » qui décompacte le terrain sur 60 à 80 cm de profondeur) pour bien le drainer et faciliter la plantation (une ligne de sous-solage sur la future ligne de plantation). Si le terrain nécessite un drainage, il conviendra de sous-soler plus que sur les lignes de plantation.
On pourra alors planter les arbres à l’automne prochain, à la croisée des lignes de sous-solage.

Comment planter le verger ?
L’idéal est d’avoir réalisé un sous-solage auparavant selon les lignes de plantation et de planter aux intersections des lignes de sous-solage. Apporter de la matière organique (fumier, compost…) en quantité nécessaire.
Enfouir légèrement avec l’engrais vert.
Planter selon le plan de plantation que l’on aura soigneusement établi.
Faire des trous assez grands, ou plutôt en « astérisque » pour permettre aux racines de s’étendre.
Protéger les arbres contre les chevreuils (clôture de 2 m autour du verger) et les lapins (protection individuelle autour du tronc). Pailler les jeunes arbres au pied.

Entretien du jeune verger
Biner régulièrement autour des jeunes arbres sur l’aplomb de la couronne, soit environ un rayon de 1 mètre.
Pulvériser systématiquement de la bouillie bordelaise à la chute des feuilles.
Ou passer de l’enduit naturel de protection. La recette est la suivante : 3 kg de bouse de vache, 5 kg d’argile, 500 gr de poudre de roche ou de lithotamne, ½ l de décoction de prêle et 500 gr de cendres de bois. Mélanger le tout et ajouter 10 l d’eau. Appliquer à la brosse à enduire sur les troncs après avoir frotté les lichens et mousses à la brosse. Si trop de lichens, mettre du sulfate de cuivre à 50 g pour 10 l, si trop de mousses, mettre du permanganate de potassium à 50 gr pour 10 l d’eau. Attention à utiliser de l’eau de pluie et non pas de l’eau calcaire, y compris pour la décoction.
Irriguer suffisamment au moins les premières années : 50 l par arbre par semaine en été.

Visite commentée du verger planté depuis 3 ans
- les attaches des arbres sont parties mais les tuteurs sont restés. Conséquence, les tuteurs frottent contre les troncs, les abîmant systématiquement au niveau des tuteurs. Deux solutions :
o soit mettre de la mousse entre le tuteur et l’arbre
o soit à ce stade, carrément ôter les tuteurs
- le sol n’a pas été assez travaillé avant la plantation
- la haie aurait du être plantée bien avant le verger. Pour une haie brise-vent efficace, il faudrait deux rangées d’arbres : d’abord des persistants pour faire remonter le vent, puis des feuillus ramifiés pour freiner le vent.
- Les arbres ne sont pas binés. Utiliser une petite bineuse autour des arbres et laisser le milieu c'est-à-dire juste ce qui est en contact avec les arbres.
- Les arbres en mauvais état peuvent être remplacés.
- Le terrain n’est pas optimisé quant au nombre d’arbres. Surtout dans le haut du verger, on pourrait rajouter facilement plusieurs arbres.
- L’herbe du verger n’est pas assez diversifiée : ressemer des légumineuses par ex.
- Arroser plus et pailler. L’idéal serait d’installer un système au goutte à goutte.
- Arroser aussi les arbres de la haie.
- Le mûrier doit être traité à la bouillie bordelaise.
- Les arbres atteints de chancre peuvent être traités au jus de raifort biodynamique !

Visite commentée du verger solidaire de Roumengoux
- Dans l’ensemble les mêmes remarques que pour le précédent verger
o Diversifier l’herbe
o Mauvaise préparation du sol avant plantation. On peut refaire un sous-solage.
o Biner autour des arbres et pailler ou remettre un géotextile
o Remplacer les arbres en mauvais état
o Densifier la plantation là où c’est possible
- Ne pas planter trop proche de la petite forêt de chênes (à cause de la production d’une hormone anti-croissance).
- Ôter le chêne qui gêne le prunier (même remarque).

Rédaction : Claude Fressonnet

 

 

La taille du pommier : compte-rendu de l'animation du 8 décembre 2007
Animateur : Paul Coeffart, arboriculteur à Geytes-et-Labastide

SE FIXER UN OBJECTIF

Avant de tailler un arbre fruitier, il faut avant tout se fixer un objectif :
- la forme de l'arbre (hauteur, forme axe ou gobelet, … )
- la production (si l'on veut des fruits de bon calibre régulièrement, si on se contente de fruits une année sur deux, …)
- autre
Car il est possible de ne pas tailler : par exemple le vieux poirier à l'entrée du verger de Paul !

OBSERVER L' ARBRE

Il est important de bien observer l'arbre (se positionner suffisamment loin pour avoir une vue globale) :
- déterminer sa vigueur, le bois d'un an donne de bonnes indications :
     - bois d'un an court et terminé par un bourgeon à fruit ou peu nombreux sont le signe d'une faible vigueur
     - bois d'un an nombreux, de gros diamètre et long d'un mètre sont le signe d'une vigueur forte.
- déterminer sa mise à fruit en observant les bourgeons sur le bois de deux ans et plus :
     - s'ils sont gonflés et nombreux l'arbre a une bonne mise à fruit
     - s'ils sont au contraire plutôt pointus et peu nombreux, la récolte s'annonce plutôt morose.
- déterminer la structure de l'arbre :
     - comment sont disposées ses charpentières, ou axes …
     - comment sont disposées les branches fruitières, et leur nombre
Une branche fruitière intéressante est inclinée vers le bas, c'est ainsi qu'apparaissent les bourgeons à fruits. Cela peut arriver naturellement (la branche descend sous le poids des fruits) ou artificiellement, par l'arcure forcée de la branche vers le bas.

1ere étape : la sélection des branches fruitières (BF)
Les BF ne doivent pas être trop nombreuses, sans quoi elles se concurrencent et empêchent la pénétration de la lumière dans l'arbre.
On va supprimer les branches
     qui se superposent
     qui sont trop vigoureuses et que l'on maîtrise mal
     qui sont devenues trop faibles.
Effectuer cette opération de préférence l'année ou la mise à fruit est importante.
On peut parfois utiliser du bois d'un an bien positionné et l'arquer, il nous permettra de créer une branche fruitière nouvelle,
     soit pour fournir des parties dégarnies
     soit pour renouveler des branches existantes
La technique de l'arcure permet la mise a fruit rapide d'un rameau vigoureux.

2ième étape : la taille des repousses et le puits de lumière
Chaque année il faut aussi nettoyer les repousses au pied de l'arbre, et réaliser un puits de lumière.
Il faut éviter le développement d'espèces envahissantes : ici par exemple le cornouiller sanguin.
Eviter l'affranchissement des points de greffage car il y aurait concurrence entre la racine et la variété, l'objectif étant de favoriser la variété de pomme qui est greffée.
Pour réaliser le " puits de lumière ", chaque année on va retirer les gourmands le long des axes principaux (pas sur les branches fruitières) pour faire entrer un maximum de lumière dans l'arbre. Conserver les gourmands destinés à l'arcure.
Cette opération peut aussi se pratiquer au mois de juin en arrachant à la main les jeunes pousses. Cela est d'ailleurs plus efficace puisqu'on supprime ainsi tous les yeux latents, on n'aura pas de nouveaux départs.
De plus la cicatrisation se fait mieux.

3ième étape : la taille des branches fruitières
La branche fruitière se compose d'un axe principal (directement issue de l'axe de l'arbre ou charpentière) sur laquelle pousse des branches latérales ou secondaires, et sur lesquelles poussent des branches dites tertiaires.
On évitera de laisser les branches fruitières trop complexes, le fruit de qualité se situant le plus souvent près de l'axe principal car bien alimenté par la sève.
On évitera les secondaires trop vigoureuses ou trop faibles les supprimer, de la même façon on évitera également les tertiaires trop développées ou trop faibles.
La taille de la branche fruitière permet de résoudre les problèmes d'excès de fruits mais partiellement seulement. Il faut compléter par un éclaircissage manuel des fruits en juin (faire tomber les fruits à la main.)
Prenons un exemple. Sur la photo on considère la branche du haut de l'arbre. Elle est vigoureuse et comporte 24 bourgeons. Cela convient, on ne taille donc pas. Puis on considère la branche du bas, qui a été arquée et est donc peu vigoureuse. Elle comporte 70 bourgeons, c'est trop, il faut en enlever. On le pratique à la main ou au sécateur en coupant jusque là où ça pousse (intersection de branche).
Exercice avec les stagiaires : tailler jusqu'à obtention du nombre de bourgeons souhaité (25 ou 30)
Enfin on considère une troisième branche très vigoureuse, trop même, au risque de devenir un nouvel axe. Il faut l'ôter complètement.

Tout l'art de tailler consiste à rechercher l'équilibre et éviter de contraindre l'arbre, car il faut alors intervenir chaque année de façon importante et c'est fastidieux.

Rédaction : Claude Fressonnet

Consulter également le compte-rendu de la formation professionnelle sur la taille avec Jean-Marie Lespinasse

 

 

Biodynamie : travaux pratiques dans un verger compte-rendu de l'animation du 15 avril 2008
Animatrice : J Guarrigaud

Merci à Claude Bleuze-Victor pour avoir reçu le mardi 15 avril après-midi dans sa propriété de Lapenne une agricultrice démonstratrice de la méthode "biodynamie" et une quinzaine de participants de l'association Atout Fruit.
La mise en oeuvre de la méthode "biodynamie" permet la « rejuvénation» des terroirs anciens, peu fertiles ou épuisés, et notamment des vergers.

1/préparation à base de bouse de vache dopée en oligo-éléments et microorganismes:
je ne vais pas rappeler ici le détail de cette préparation originale, à base de bouse de vache, de coquilles d'oeufs finement broyées ( calcaire+ silice) de basalte en poudre, de différents ingrédients végétaux riches en oligo-éléments prélevés sur des viscères d'animaux (valériane, pissenlit...etc) et d'huile de coude comme le démontrent les premières photos du processus.


Le mélange attendra 40 jours dans une fosse garnie de planches avant d'être trituré à nouveau.
Ce n'est que 20 jours plus tard qu'il pourra être utilisé et pulvérisé après dilution dans l'eau.

2/purin, tisane et décoction
Ne pas confondre ces 3 préparations qui n'ont pas les mêmes propriétés pour une même plante.
2-1/purin d'ortie: faire macérer 4 à 7 jours des tiges et racines d'orties dans l'eau. Le purin ainsi obtenu est un bon engrais bio qui permet de doper les jeunes plants du potager ou de la serre.
2-2/tisane d'ortie: faire bouillir l'eau, puis éteindre le feu et laisser infuser pendant 20 minutes les tiges et racines d'orties. Cette tisane est un excellent fongicide contre le mildiou de la vigne, la cloque du pêcher et d'autres maladies cryptogamiques des arbres et des plantes.
2-3/ décoction: laisser bouillir les plantes pendant 20 minutes. Avec les tiges de prêle, on obtient un excellent remède contre de nombreuses affections des arbres et des plantes. Il ne faudra pas oublier cependant de relancer leur végétation, parfois stoppée, à l'aide de purin d'ortie.

3/enduits pralinés à base d'argile, de cendres de bois et de caséine de petit lait.
Cet enduit appliqué sur les troncs et les branches charpentières des arbres fruitiers est aussi efficace que la bouillie bordelaise.

Rédaction : Jean-François Rancurel


 

 

La taille au vert du pêcher : compte rendu de l'animation du 15 juillet à Gueytes-et-Labastide
Animateur : Animateur : Paul Coeffart, arboriculteur

Le verger de pêchers comporte 41 variétés distinctes, greffées sur franc ou sur pêcher-amandier (GF 677), pêches blanches, pavies et brugnons arrivant à maturité.
Une partie du verger est conduite en axe.
L’arrosage est nécessaire en fonction de la pluviométrie.

Objectif de la taille : le centre de l’arbre devant bénéficier de lumière, il faut intervenir afin que les éléments intéressants profitent d’un bon éclairement.
Le pêcher étant basitone, il faut éviter tout dégarnissement de la base et empêcher l’allongement démesuré des coursonnes.
Toujours conserver les rameaux mixtes (longs rameaux de 15 à 20 cm avec la répartition suivante : un œil à bois placé entre deux yeux à fruits) à la place des « brindilles » ne donnant que de petites pêches.
But souhaité : obtenir le maximum d’exposition à la lumière avec un minimum de coups de sécateur.
Processus : rabattre les rameaux sur les jeunes pousses d’un an et supprimer les rameaux ayant fructifiés. Idem pour les rameaux à la verticale qui empêchent le passage de la lumière.
Procéder à la taille en vert si possible en deux passages afin d’éviter tout stress de la végétation.
Lors de la taille en vert, ne pas se disperser sur les détails.

Que faire contre la cloque des pêchers favorisée cette année par un printemps frais et pluvieux?
Certaines variétés (Amsden ou vieilles variétés françaises ou pêches de vigne) sont plus résistantes, voir les pépinières Burri à Brenac (04 68 20 94 16).
Deux pulvérisations cupriques peuvent être effectuées à la chute des feuilles et au gonflement des bourgeons. S’il survient une pluie de 20 mm , les traitements sont à recommencer, quels qu’ils soient.

Rédaction : Guy Gimenez

 

 

Planter un arbre fruitier : travaux pratiques dans un verger compte-rendu de l'animation du 14 novembre 2008
Animateur : J Bergeron

Merci à Claude Fresonnet pour nous avoir reçu sur son domaine de Canterate à Montbel pour cette séance consacrée à la plantation des scions d'arbres fruitiers de A à Z.

Plantation d'un scion de 2 ans greffé en pépinière ou issu de semis (pêche de vigne):

A - antichevreuil/antichèvre: le scion sera protégé des attaques par une tige métallique hérissée
B - barre à mine : utilisée pour faire le trou du tuteur
C - croc à 3 dents : utilisé pour ameublir la terre de plantation
D - drain: il est nécessaire de bien drainer les excédents d'eau en terrain argileux pour éviter la pourriture des racines, ce qui est assez facilement réalisable dans un verger en pente . On peut aussi faire le trou de plantation en croix afin de créer des « chemins » d’évacuation d’eau.
E - effeuillage des scions avant plantation pour éviter que les feuilles ne pompent la sève restante de la tige et des racines qui servira lors de la reprise.
F - fouille de plantation de dimensions 60cm x 60cm ; la terre végétale de surface sera mise de côté et mélangée à du fumier bien décomposé ou du terreau, le tout stocké séparément de la terre du sous-sol dont on extirpera les plus gros cailloux (au cas où...).
Pour ceux qui peuvent bénéficier d’un tracteur, passer la sous-soleuse en septembre afin d’éclater les mottes de terre avant les pluies et afin d’aider les racines à mieux pénétrer.
H - habillage des racines : il est conseillé de retailler très légèrement au sécateur les extrémités des racines qui doivent êtres pratiquement intactes, après arrachage du scion. On replantera le scion en pépinière au cas où les racines auraient été abimées lors de la déplantation.
I - implantation du verger: associer les arbres selon les espèces pour favoriser la pollinisation, mais aussi pour tenir compte des variations d'exposition au soleil et au vent et de la nature du sol (argileux, franc, caillouteux....), les arbres donnant des fruits à pépins apprécient l’humidité, ceux à noyaux le sec.
P - pralinage des racines : recette du pralin organique:
1 à 2 belles bouses de vache,
1 seau de bonne argile,
1/4 à 1/2 seau de cendres de bois tamisées (de préférence issues de feuillus)
diluer à l'eau de pluie jusqu'à formation d'une crème fluide ou pâte à crêpes
R - racines: pralinées dans le pralin ci-dessus et ensuite protégées avant plantation du soleil et du vent par un sac de jute.
T - tuteur : en châtaigner ou mieux en acacia et bien taillé en pointe symétrique
V - voilà : une fois que tout est prêt, commencer par enfoncer le tuteur de telle façon qu'il puisse protéger le scion du soleil et du vent dominant, puis positionner le scion de façon à ce que son greffon émerge du niveau du sol (repéré par un tasseau horizontal positionné au travers du trou de plantation).
Remblayer tout autour des racines du scion avec la terre du sous-sol que l'on avait mise de côté, puis verser délicatement, sur les racines, le mélange de terre végétale et de fumier décomposé, rajouter une boite de conserve de cornaille (corne grossièrement broyée), tasser avec précaution (par exemple avec le manche de la pioche); fixer solidement le scion au tuteur et éviter d'arroser par temps de gel.



Rédaction : Jean-François Rancurel


 

 

Le greffage : principe et présentation de trois techniques de greffage - compte-rendu de l'animation du 6 mars 2009
Animateur : J Bergeron

Principe et intérêt

Qu’est ce que le greffage ?
Le greffage permet de multiplier l’arbre fruitier et de perpétuer les caractéristiques de l’espèce.
On connaît la multiplication sexuée par semis mais une variété, à force de croisement, va perdre ses caractéristiques fruitières recherchées. Par contre, la multiplication végétative va permettre de cloner cette variété et d’en conserver toutes les qualités : on pratique alors le bouturage, le marcottage et la greffe.
Le principe de la greffe est de « lier » un greffon (une tige d’un an prélevée sur un arbre et donc portant les potentialités fruitières de l’arbre) à un porte-greffe.

Utilité du porte-greffe
Il assure d’abord une bonne adaptation au sol. Exemples :
Le pêcher peut être greffé :
- sur franc (pêcher issu de semis) : pour sol acide, filtrant, léger, riche
- sur prunier Saint-Julien : sol lourd, calcaire, humide
- sur amandier : sol sec, calcaire, argileux
L’abricotier peut être greffé sur
- franc : sol calcaire, sec
- prunier : tout type de sols
Le porte-greffe modifie aussi la vigueur de l’arbre obtenu dans le cas des pommiers, poiriers et cerisiers :
Par exemple, trois porte-greffes du pommier auront l’influence suivante avec le même greffon :
- franc : arbre vigoureux atteignant la taille de 10 m de haut,
- le porte-greffe nommé « MM106 » : arbre moins vigoureux : 5 à 6 m de haut,
- le porte-greffe nommé « EM9 » : 3 – 4 m de haut, à réserver pour des vergers en espalier.
Pour profiter d’un verger plus « durable », il est bon de semer les porte-greffes sur place dans le futur verger réservé aux arbres greffés. Il faut alors semer les pépins et ensuite, en choisissant les plus beaux sujets au bout d’un an, greffer sur le jeune arbre issu de ce semis : on augmente la résistance du verger ainsi constitué.
Pour faire germer les noyaux, il convient de les placer dans un pot rempli de couches de sable et d’installer ce pot contre un mur au nord pendant l’hiver. Vers la fin février, les noyaux auront germé car la dormance sera levée : on peut alors les planter.


Comment prélever le greffon ?
Le greffon est une pousse de l’année prélevée entre mi décembre et fin janvier sur l’arbre et à partir de tiges poussant vers le haut. Il faudra jusqu’à la greffe, conserver ces greffons dans du sable au pied d’un mur exposé au nord et à l‘ombre afin de conserver un bon état de fraîcheur. Attention, les greffons présentant un aspect « ridé » sont à rejeter lors de la greffe.
On peut aussi conserver les greffons dans le frigo enveloppés dans un linge et enfermés dans un sac plastique afin de les protéger de la déshydratation.


Greffer : trois techniques simples

L’opération consiste à mettre en relation le cambium (tissu vivant à la limite du bois et de l’écorce et permettant la croissance en diamètre) du greffon avec celui du porte greffe afin de permettre leur soudure.
On utilise pour ce faire un greffoir dont la lame est affûtée d’un seul côté, différent si l’on est gaucher ou droitier.
Description de deux types de greffes sur table et une sur l’arbre en terre :

La greffe en fente : se familiariser avec les exigences de cette forme de multiplication végétative
Il s’agit de tailler le greffon (tige sur laquelle deux yeux ou bourgeons ont été conservés) en biseau à deux faces et de réaliser une fente dans le porte-greffe. Ensuite, on emboîte le tout avec le premier œil du greffon placé à l’extérieur et on lie avec un élastique ou du raphia en veillant à bien réaliser des spires jointives empêchant ainsi l’eau de pénétrer. Il reste à ajouter, sur les parties coupées du bois, du mastic à cicatriser.
Cette greffe se réalise à la mi février jusqu’à début mars : on la nomme aussi greffe à œil poussant.
Il est maintenant nécessaire de planter ce nouveau « sujet » en veillant à éliminer au fur et à mesure les pousses du porte-greffe. Si le greffon ne prend pas, il faut conserver le tout car le porte-greffe pourra resservir l’année suivante !
Dans ce cas, jusqu’à la fin mai, il est nécessaire de garder sur ce porte-greffe les deux pousses les plus haut placées afin de permettre à cet arbre de vivre et de garder un bois lisse pour la prochaine greffe.


La greffe « à l’anglaise compliquée »: plus tolérante avec les maladroits !
Ce type de greffe permet une cicatrisation excellente, il faut que le greffon et le porte-greffe soient d’une taille équivalente car les sections qui vont entrer en contact doivent être d’un diamètre identique.
On taille le greffon (sur lequel deux yeux ont été conservés) et le porte-greffe en biseau avec une seule face et on ajoute une entaille au milieu de cette forme en biseau. Il suffit alors d’emboîter le tout et de lier avec un élastique ! Le contact est ainsi total et cette technique est plus tolérante aux imperfections.


La greffe en couronne : greffer sur un arbre en terre
Il s’agit donc de greffer un greffon (dont on conservera encore deux yeux) sur un porte-greffe d’un arbre en terre d’un diamètre maximal de 15 cm, coupé à quelques dizaines de centimètres de hauteur.
On taille le greffon en biseau avec une seule face, on enlève un peu d’écorce sur un des côtés, et on entaille légèrement et verticalement l’écorce du porte-greffe afin de la décoller légèrement. On peut ainsi placer le greffon appliqué contre l’écorce et en contact avec le cambium. Il reste à ajouter l’élastique et le mastic à cicatriser.
Il est possible d’appliquer trois greffons sur ce porte-greffe et cette greffe ne se réalise qu’à la montée de la sève. Ne pas oublier de protéger l’ensemble contre les dents «avides» des herbivores !


En conclusion
On remarque que le choix d’une technique de greffe ou d’une autre dépend en fait du rapport de taille entre le greffon et le porte-greffe. Ou de la motivation du greffeur, de son habilité à réaliser tel ou tel geste ! Alors, à vos greffoirs l’hiver prochain !

 

 

La récolte des fruits : compte rendu de l'animation du 25 septembre 2009 à Rivel
Animateur : Joseph Michel

Les outils de récolte

Il existe très peu d'outils pour la récolte des fruits, selon Joseph, pourtant grand amateur d'outils anciens. Mais il nous en présente tout de même quelques uns :
- un « cueille-fleur » qui peut aussi servir à saisir les pédoncules des fruits,à les couper si nécessaire, sans laisser tomber le fruit.
- Des « cueille-fruit », sortes de gobelets métalliques aux bords dentelés, qui peuvent être emmanchés pour pouvoir cueillir les fruits jusqu'à 4 m de haut (avec perche télescopique ou tige de bois façonnée sur place) ! Wolf en propose dans le commerce avec sac de 20cm de profondeur.
- Des « épinettes » : ce sont des ciseaux à fruits, légumes ou fleurs. Souvent ils permettent aussi de se couper les doigts (vendanges)! Il en existait des modèles pour hommes ou pour femmes. Le sécateur a été inventé fin du XIXe siècle. Les épinettes actuelles permettent un geste plus efficace et qui est moins dangereux. Pour les fruits maraîchers, il y a des épinettes droites ou courbes, avec manches en acier, bois, en corne (pour les femmes). On a aussi beaucoup utilisé et on utilise encore des couteaux type cuisine, à lames courtes et des serpettes.
- Des paniers : il en existe de nombreuses sortes. En clisse de châtaignier (léger et solide, qu'on peut faire suivre au sol), en bois de cagette (à porter uniquement, pour les petits fruits délicats), en osier (double usage, il faut le mouiller de temps en temps), en métal grillagé (pour permettre à la terre de tomber et le lavage) ... Pour les petits fruits, en fait la barquette a révolutionné la cueillette qui est très délicate. Pour les professionnels, il existe un panier « auto-vidant » en aluminium (inconvénient, c'est très salissant pour les vêtements, lui préférer l‘aluminium neutralisé par de la peinture) dans lequel on installe un manchon plastifié. Le panier se porte avec des bretelles et peut contenir de 20 litres à 32 litres, sans fatiguer le cueilleur (ou la cueilleuse). Avantage : pour vider, il suffit d’ouvrir le bas du panier et de vider délicatement le contenu dans le contenant sans abîmer les fruits. Enfin le simple seau à vendanges en plastique, très pratique, se trouve partout et est très utilisé actuellement.
- Les cageots : Selon toujours le grand principe « ne pas abîmer les fruits », les cageots permettent de stocker les fruits en sécurité, d’éviter les caissettes profondes.
- Les bâches à récolter : il se vend une bâche à installer sous son arbre: les fruits tombent sans heurter le sol et se rassemblent sur les bords. Voir aussi paragraphe suivant.
- les filets à poser au sol : ils permettent une récolte rapide des noix par exemple.
- l' échelle à une jambe : que Joseph n'a malheureusement pas trouvée pour nous la présenter. C’est une échelle en T renversé appuyé sur une branche. On peut lui préférer une échelle dont les 2 montants forment un triangle et qui est plus stable.
- Le calibre : c'est un cercle métallique à travers lequel on peut cueillir les fruits. Il permet à la fois de « calibrer » la récolte et de ramasser sans les marquer avec les doigts les fruits comme les pêches...mais juste pour l’entrainement.
- les « onglets » pour pincer le pédoncule des fruits quand il faut sectionner et qu’on n’a pas d’ongles assez coupant. Il semblerait que ce soit une invention de Joseph ?

 




Les techniques de récolte

En principe il faut agir délicatement pour ne pas abîmer les fruits. On cueille les fruits en cassant le pédoncule, sans écraser les fruits et on les place soigneusement dans le panier. On ne tire pas sur les fruits, on lève en tournant. Ne se conservent bien que les fruits sains.
Une technique classique consiste à secouer l'arbre pour faire tomber les fruits. C'est brutal et les fruits ne se conservent pas ensuite, sauf noix, noisettes, prunes. Il faut prendre certaines précautions : des bâches suspendues et attachées permettent aux fruits d'être amortis en douceur. De façon moderne, des machines à secouer impulsent des vibrations allant jusqu'à plus de 400 par minute, surtout sur les pruniers : les prunes sont évacuées au fur et à mesure sur des goulottes, ce qui permet de leur garder des qualités.

À l'autre extrême, des techniques douces protègent le fruit au maximum : chaque fruit est emballé individuellement dans une poche de papier. On peut même envisager des dessins au pochoir sur une étiquette, et c'est le soleil qui va imprimer le dessin sur le fruit ! Il semblerait que Louis XIV en personne faisait ainsi marquer les fruits qu'il consommait ... afin de ne pas se faire empoisonner !
Encore plus fort : le fruit dans une bouteille ! Mais là attention au soleil, il faut emballer la bouteille avec du papier ou carton pour éviter au fruit à l'intérieur de prendre un coup de soleil ! Il faut introduire dans la bouteille le fruit le plus jeune possible, c'est à dire peu après la nouaison, et placer la bouteille à l'envers pour éviter qu'elle ne se remplisse d'eau à la pluie.


Les stades de maturité et la conservation des fruits

Les petits fruits rouges contiennent peu de sucre et sont plutôt acides, ils se récoltent tous à maturité : cassis, groseilles, fraises, framboises, etc. Aussitôt cueillis, ils doivent être acheminés vers le lieu de consommation ou transformés. Ils sont tellement fragiles qu’il faut prendre des précautions même pour les congeler : les étaler sur un plateau, les saupoudrer de sucre fin et attendre une nuit avant des les mettre en sacs de congélation. Le sucre aide au maintien de la couleur.

Les fruits à noyaux (prunes, abricots, pêches, brugnons...) se récoltent souvent avant maturité dans le commerce. Ils sont ensuite stockés et surveillés à l'aide d'instruments de mesure comme un «pénétromètre» qui mesure leur résistance (sorte de pistolet avec gâchette pour sonder le fruit) ou encore le «réfractomètre» qui mesure le taux de sucre. Plus on les récolte près de la maturité meilleur ils sont. Ce ne sont pas des fruits de conservation.

Pour les fruits à pépins, il faut en général compter 160 à 165 jours après la pleine floraison avant de pouvoir récolter. La récolte se fait à partir du moment on l’on peut noter un arrêt de la croissance, lorsque les fruits se détachent facilement, qu’il changent de couleur, que les pépins deviennent foncés. On peut cueillir en plusieurs passages.
Les fruits les plus mûrs récoltés les derniers se mangent en premier, les premiers récoltés, moins mûrs se conservent plus longtemps.


Les facteurs qui influencent la maturité des fruits

Le soleil et la lumière : dans un arbre de plein vent, les fruits de l'intérieur de l'arbre mûrissent moins vite que ceux de l'extérieur, mieux exposés. Il faut alors récolter en plusieurs passages.
Dans les vergers professionnels, se pose le problème des coûts de production : il est plus avantageux de récolter en un seul passage, d'où la taille en gobelet qui ouvre l'intérieur de l'arbre pour exposer tous les fruits à la lumière du soleil, d'où aussi pour la même raison, des arbres de petite taille, qui sont également plus faciles à récolter.

Les 3 gaz qui accélèrent le mûrissement des fruits : oxygène, gaz carbonique et éthylène. Les pommes, les poires, les citrouilles ont besoin d’éthylène pour mûrir et produisent de l'éthylène quand ils sont mûrs. Donc la présence de fruits mûrs accélère le processus de maturité des fruits pas encore mûrs. Dans un local de stockage, il est important de passer souvent pour bien séparer les fruits mûrs des autres... sinon tout mûrit en même temps ! Un fruit abîmé est un fruit retiré.

La température et la ventilation : au froid, les fruits se conservent plus longtemps. L'idéal est de 1° à 5 ou 6 °, les fruits se conservent très bien sans mûrir. En revanche il faut absolument éviter le gel : conserver toujours hors gel. Les poires doivent être conservées en rangées simples, le pédoncule vers le haut. Si on bouche l'extrémité du pédoncule avec de la cire à cacheter, conservation maximale assurée !
Les pommes au contraire supportent d'être entassées et se conserveraient mieux le pédoncule vers le bas. Une bonne ventilation permet d'évacuer le gaz carbonique et l‘éthylène. Les grandes dimensions de locaux de stockage (hangars) sont à préférer. La lumière ne doit pas être directe, mais est nécessaire pour assainir, les claies de stockage les plus aérées possibles, pas forcément en matériaux solides (simplement des supports de caissettes).

Humidité : Ne jamais cueillir les fruits sous la pluie ni avec la rosée. Après récolte, on laisse les fruits « exsuder » pendant 2 ou 3 jours sans les toucher, puis on les trie rapidement pour séparer les mûrs des pas mûrs. Un taux d'humidité élevé favorise la bonne conservation (80-90%). On peut même mettre de l'eau dans un seau ou dans une tranchée pour améliorer la conservation. Autrefois, on conservait les fruits (surtout les poires) sur un tas de céréales, maturation et conservation optimale garantie !


Particularités sur différents fruits... et libres commentaires :

Le glanage est un droit qui existe encore dans la loi française et que certaines traditions encouragent, comme par exemple le grappillage dans les vignes.

Les figues : il existe de nombreuses variétés de figues, dont certaines sont plus aptes au séchage. Dans nos contrées, le séchage au soleil est difficile, il vaut mieux sécher au four.

Les châtaignes : se récoltent au sol. Pour les conserver il faut éliminer les châtaignes vereuses. Juste après la récolte, on plonge toutes les châtaignes dans un baquet rempli d'eau. On élimine toutes celles qui flottent et on laisse les autres dans l'eau pendant 5 ou 6 jours. Les vers sont ainsi neutralisés. Puis on vide l'eau et on fait sécher les châtaignes qui se conserveront longtemps. Elles se conserveront plus longtemps.

Les noix : la récolte des noix se prépare en nettoyant sous le noyer, fauchage et ratissage. Puis les premières noix qui tombent sont ramassées et données aux cochons. Ensuite seulement, on peut ramasser les noix pour les conserver, après les avoir lavées et séchées (elles rancissent moins vite).
On les conserve dans des filets et des hangars bien aérés.

Les nèfles et les cormes : elles se consomment blètes. Il faut donc les congeler, c'est le plus simple.

Différentes techniques de culture et de multiplication ont été abordées : le bouturage des figuiers, le carton ondulé contre le carpocapse, le semis de noyaux de pêches, la lutte contre la cloque et contre l'oïdium. Etc...

La truffe : mais on ne va pas diffuser tous les secrets, il fallait venir au stage !!!


Rédaction : Claude Fressonnet et Joseph Michel

 

 


Biodynamie au verger : compte rendu de l'animation du 12 mars 2010 à Laroque d'Olmes
Animatrice : Jeanine Guarrigaud

Étant donné la présence de neige, le programme de l'animation a été complètement modifié, il s'est donc agi essentiellement d'un exposé de la part de Jeannine GARRIGAUD avec réponse aux questions des (nombreux et passionnés) participants.


Rappel du thème initialement prévu :
La respiration de la terre : découvrir les interactions entre l'arbre, la terre et l'atmosphère. Quels sont les gestes que l'on doit apporter à l'arbre en fonction de son milieu afin de lui garantir la meilleur vitalité et afin de prévenir les problèmes dus aux agressions extérieures (maladies, mauvaises manipulations, etc).

Le badigeon d'argile:
C'est la première chose à faire pour protéger les arbres des agressions extérieures. Les badigeons sont une protection pour l'hiver et sont à passer en fin d'automne.
En quoi cela consiste-t-il ?
Préparer un mélange d'argile, de bouse de vache et de petit lait.
Les proportions sont approximatives : par exemple 1 seau d'argile pour ½ seau de petit lait et ½ seau de bouse de vache.
Ajouter de l'eau, filtrer et passer au pulvérisateur sur tout l'arbre.
On peut éventuellement rajouter de la cendre de bois si le sol ne souffre pas de carence en magnésium.
Car ATTENTION à l'excès de potassium (contenu dans la cendre de bois). Il faut savoir que le potassium " chasse " le magnésium, qui permet d'assimiler le calcium, qui lui-même permet aux arbres de résister aux maladies ....

La tisane d'ortie :
Encore une autre très bonne recette pour améliorer la résistance par le renforcement de la plante aux maladies et divers insectes.
Mais ATTENTION, la notion d'insecte nuisible (ou de parasite) est en fait toute relative : on peut aussi bien considérer que les pucerons (par exemple) ne viennent sur les plantes que pour réguler les excès qu'elles subissent, excès ou défaut de fumure par exemple, ou autres.... Tisane d'ortie : faire bouillir une grande marmite d'eau, ajouter les orties (plante entière en début de floraison), laisser infuser 20 minutes. Filtrer, diluer à 1 pour 9 volumes et pulvériser.... idéalement une fois par semaine. Si on n'a pas d'ortie fraîche, on peut utiliser de l'ortie séchée.

La respiration de la terre :
La terre est un organisme vivant, on pourrait faire une métaphore avec l'essaim et les abeilles. La terre est constituée de différents éléments et elle-même fait partie d'un ensemble de planètes qui elles-mêmes font partie d'un ensemble de constellations.
La respiration de la terre en été, activité au dessus du sol et le repos au dessous de la surface du sol, en l'hiver activité au dessous du sol et repos au dessus.

La respiration de la terre, c'est comme une courbe : ascendante puis descendante et à nouveau ascendante, etc. à un rythme mensuel. Au cours de l'année, c'est pareil elle est ascendante au printemps, puis présente un palier en été, descendante à l'automne et présente un nouveau palier en hiver. Les paliers sont des périodes de repos apparentes car à ces moments il y a une grande activité dans le sol.
Toutes les religions commémorent les périodes de changements annuel, en agriculture, c'est pareil !
Le compost se met à l'automne pour que la terre en bénéficie au maximum.
Chez les humains, c'est aussi un peu pareil, on est en forme le matin et le soir les forces redescendent !
Pour les travaux des champs il faut en tenir compte. Par exemple on va biner le matin pour réguler un excès de vitalité, ça fait partir l'azote. Si on bine le soir, c'est pour apporter de la vitalité en faisant rentrer l'azote dans la terre.

Les rythmes de la lune :
Jeannine présente un " calendrier lunaire " aux participants et les incite à se le procurer et à le lire attentivement. Pour les phases ascendante et descendante de la lune, on pourrait se passer de calendrier en observant tous les soirs la position de la lune par rapport à la position de la veille (à condition que les nuages ne cachent pas la lune !).
Quand la lune est ascendante, les travaux à faire sont les suivants : les semis, les greffages. D'ailleurs pour renforcer l'effet du greffage, il faudrait prélever les greffons le matin et greffer l'après-midi.
En lune descendante on va plutôt effectuer les plantations, d'ailleurs plutôt l'après-midi.

L'influence des constellations :
Les constellations apportent des impulsions aux plantes. Ces impulsions sont de 4 natures :
le processus " eau " favorisera plutôt les feuilles
le processus " terre " favorisera plutôt les racines
le processus " lumière " (ou " air ") favorisera plutôt les fleurs
le processus " chaleur " favorisera plutôt les fruits.
Il y a 12 constellations qui possèdent chacune l'une des 4 natures donc envoient les impulsions correspondantes aux plantes. Soit 3 constellations pour chaque nature d'impulsion, voir le calendrier.
Si on respecte les constellations, on va favoriser les processus correspondants. Par exemple si on sème les radis en jours " racines " ils vont bien développer leurs racines, si c'est en jour " fruit " ils vont vite monter à graine, en jour "feuille " ne faire que du feuillage... Certaines plantes sont plus ou moins réceptives aux influences des constellations. La vigne l'est particulièrement, de même les plantes aromatiques.
Les " noeuds lunaires " sont des périodes plutôt néfastes à la végétation : on fera autre chose ces jours-là que de travailler sur les plantes !
On va donc effectuer les différents travaux des champs selon les intentions qu'on veut donner.

Exemples :
La vigne est très réceptive aux préparations biodynamiques.
Taille des arbres : pour fortifier un arbre, on va le tailler le matin, pour le " calmer " le soir. Et pour diminuer l'activité de l'arbre, diminuer son effervescence, on va préférer la taille en vert, en juin, pendant le palier de repos de la plante.
Arrosage : le matin c'est mieux, on a besoin de moins d'eau.
Cueillette : Un fruit cueilli en " jour fruit " sera plus sucré avec les préparations biodynamiques, aura meilleur goût, se conservera mieux. Les confitures faites en jour fruit auront besoin de moins de sucre, parce que les fruits sont plus sucrés.
Ayons conscience de nos gestes !

Jus de valériane fermentée :
Le but est de faire remonter la température le matin. Ramasser les feuilles de la valériane. Les presser, les mettre en pot, fermer et attendre la fermentation. Pas d'eau ajoutée, on procède à sec. Conserver à la cave. Pour l'utiliser, on ne prélève que quelques gouttes qu'on dilue dans un litre d'eau et on pulvérise. On apporte ainsi un processus de " chaleur " et/ou " lumière " pour rééquilibrer. Mettre le jus en bouteille.

Ortie :
C'est une plante solaire, très liée à mars, elle est presque " animale ", car elle contient beaucoup d'azote... d'ailleurs l'odeur du purin d'ortie est significative !
Les racines d'ortie contiennent des processus anti-cryptogamiques.
Utilisée en tisane (voir recette plus haut), l'ortie est une panacée dans le jardin !
On peut aussi utiliser l'ortie en compost.

Feuilles de buis:
En tisane ou décoction (bouillie une ou deux minutes), les feuilles de buis pulvérisées sur les arbres leur permettent d'éviter les bactérioses et limitent les dégâts de la grêle (la cicatrisation des blessures se fera beaucoup mieux).

La prêle :
Bourrée de silice (92 %), c'est aussi une plante anti-cryptogamique.
À noter que le champignon n'est pas une maladie, il ne fait que détruire la plante qui est déjà malade.
Avec les préparations biodynamiques, on peut apporter de la silice.

La consoude :
Très utile en cas de déficit en calcaire. Elle aide aussi les plantes à résister aux maladies.

Les plantes aromatiques :
Elles favorisent un bon équilibre pour les échanges. On peut en planter au pied des arbres fruitiers, à l'aplomb de la couronne : thym, sarriette, romarin, hysope (aide à la fructification), etc... Pour les pruniers et cerisiers qui sont atteints de moniliose, le raifort les aidera à résister.

Les tisanes d'oignons :
À utiliser contre l'oïdium, ça ramène du souffre. On peut aussi planter toutes sortes d'alliacées au pied des arbres. Par exemple les fraisiers sont particulièrement réceptifs à l'ail plantés à côté !

Décoction d'écorce de chêne :
Faire bouillir 20 minutes. Cela aidera à renforcer le " processus calcaire " et à faire remonter le pH en terres trop acides.

Les préparations biodynamiques:
Elles sont de deux sortes :
le " 500 " ou " bouse de corne ", qui renforce le " processus calcaire ", lié au sol au travail du sol, à la terre.
le " 501 " ou silice de corne en polarité avec le 500 et permet l'équilibre, améliore le goût, les sucres, la conservation.
Ces deux préparations sont très efficaces. On n'en utilise que très peu, il s'agit seulement d'envoyer une " information " aux plantes et non de la matière active, contrairement aux autres types d'agriculture.

La fabrication de la préparation " bouse de corne " est au programme de la prochaine animation sur la biodynamie, à l'automne 2010. Elle est facile et accessible à tous ainsi que son usage, contrairement à la préparation " silice " qui est plus difficile, très efficace, certes, mais à utiliser à bon escient uniquement.

La préparation " bouse de corne " se passe idéalement 3 fois par an.
Elle permet au verger et au jardin de rester en bonne santé, aux fruits et aux légumes d'avoir meilleur goût et de mieux se conserver. Elle permet d'arroser moins, les plantes résistent mieux à la sécheresse. Toutes les préparations biodynamiques ainsi que le compost de bouse diminuent la radioactivité.

Les contacts pour se procurer les préparations biodynamiques :
- au niveau national : http://www.biodynamie-services.fr
- sur l'Ariège : on pourra solliciter les agriculteurs biodynamiques qui font eux-mêmes les préparations, par exemple Wilm WIJNEN à Gabre (05 61 69 98 17) ou Marc DELANGRE à Loubens (05 61 05 35 70)


Rédaction : Claude Fressonnet

 

 


Prévention des maladies au verger : compte rendu de l'animation du 7 mai 2010 à Roumengoux
Animateur : Joël Bergeron

Les maladies sont le point extrême où l'on a la conséquence de tout ce qu'on n'a pas fait au verger !

- Haies : elles protègent du climat perturbé, surtout si elles sont de différents niveaux (arbustes, arbres...). Elles doivent être suffisamment larges.

- Les arbres sont à tuteurer avec une attache à placer bas sur le tronc car les arbres ont besoin de bouger au vent afin de renforcer leur système racinaire.
Afin de procurer des conditions idéales aux arbres, il faut bien préparer le terrain avant de planter. Dans un sol plein d'eau en hiver, il aurait fallu drainer par des lignes de sous-soleuse.

- Attirer les oiseaux, grâce aux nichoirs et buissons, arbustes à petits fruits et en mettant des colliers "anti-chats" autour des troncs.

- Attirer des insectes prédateurs, comme les carabes dorés (qui mangeront les pucerons) en plantant de la menthe, des plantes médicinales, surtout des ombellifères. Créer des nids à coccinelles avec des pots de fleurs remplis de paille à suspendre aux arbres dans des endroits abrités du vent et du soleil. Par ailleurs, les mésanges sont attirées par les tournesols. Les légumineuses ou la phacélie, attirent les abeilles, il suffit d'en semer 50 g / hectare.

- Contre les pucerons, utiliser les orties, fougères, ails en décoction. Ou alors, planter de l'ail au pied des pêchers pour prévenir la cloque.

- Une décoction de prêle permet aux arbres de résister mieux aux chocs de température surtout pour les feuilles venant de débourrer. Bouillir un kg de prêles hachées dans 10 l d'eau (non chlorée) entre 20 mn et 1 heure, filtrer, laisser refroidir et pulvériser une fois en avril (ou quand il y a des changements climatiques importants) puis éventuellement une 2ème fois15 jours plus tard, le matin avant les chaleurs.

- Si la cloque se développe, alors utiliser un traitement à la bouillie bordelaise après avoir retiré toutes les feuilles et les avoir brûlées.

- Préparation à base d'orties pour son action rééquilibrante surtout pour les vergers en mauvais état : 10 kg pour 100 l, laisser fermenter, tourner la préparation de temps en temps, puis si plus de bulles, pulvériser alors sur les arbres en ayant dilué à 1 pour 5. Le produit est actif pendant 3 jours. Afin de réduire le développement de mauvaises odeurs, mettre dans la préparation une poignée de sauge.

- Décoloration du feuillage : deux possibilités; attaque cryptogamique (noircissement et duvet sur le feuillage) ou carence. Appliquer une bouillie bordelaise, et une décoction de prêle et d'orties. On ne mélange pas les décoctions dans le pulvérisateur.

- La dessèchement d'un abricotier est le signe du chancre bactérien, il faut couper les branches touchées et désinfecter le sécateur.

- La taille peut faire office de prévention car si l'air ne circule pas, la tavelure peut être favorisée.

- Appliquer également en ce début de printemps, dès avril, une fumure avec 5 cm d'épaisseur de compost.

: bêcher autour des arbres, mettre du compost et pailler : pour l'alimentation des arbres, leur régulation thermique et le développement de la vie microbienne.

- Les quatre arbres à planter autour du tas de compost : noisetier, sureau, tamaris et bouleau.

- En hiver, badigeonner le tronc et les charpentières avec un pralin d'argile.

Pour terminer, finalement, la première règle est de visiter son verger au moins une ou deux fois par semaine !

Rédaction : Vincent DUMEUNIER

 

 


Conservation des fruits : compte rendu de l'animation du 18 novembre 2010 à Couiza
Animateur : Olivier Tardy

Olivier TARDY, technicien à la Coopérative "Les Jardins de la Haute Vallée" (dite JHV) nous fait d'abord un exposé sur la conservation des fruits.

Il existe plusieurs techniques pour conserver les fruits :
- la pasteurisation
- la stérilisation
- le séchage
- la congélation
- la mise au sucre (confitures, etc.)

Puis il présente la coopérative JHV.
Il s'agit d'un double atelier de transformation des fruits (et accessoirement légumes) :
- une partie pour fabriquer des jus de fruits
- une partie pour fabriquer des confitures et conserves.

Pour le moment il n'y a pas encore de partie pour le séchage. Le séchage solaire est un peu délicat dans notre région et doit en général être complété par une autre source d'énergie. Une association de Couiza oeuvre pour mettre au point des séchoirs solaires mais nous n'avons pas pu les rencontrer. Cette association s'appelle "Fruits et Soleil" et la personne qui met au point les séchoirs s'appelle Lionel BOIS.

La congélation n'est pas pratiquée à l'atelier, mais certains coopérateurs l'utilisent chez eux pour décaler la transformation, soit parce qu'au moment de la cueillette ils 'n'ont pas le temps, soit pour mélanger deux fruits qui n'ont pas la même date de maturité.

À la coopérative on peu donc fabriquer des jus de fruit (pommes, raisins, autres), des confitures, compotes, pâtés végétaux, pâtes de coings, ou autres spécialités de fruits ou légumes transformés. Il faut réserver l'atelier à l'avance et devenir coopérateur (prendre des parts sociales). Pour faire du jus de pommes, il faut avoir au minimum 1 tonne de pommes et venir à 4 personnes. Si ce n'est pas le cas, on peut se grouper et on peut fabriquer jusqu'à 4 tonnes dans la journée, c'est vraiment le maximum. Un technicien JHV accompagne la transformation toute la journée.
Pour l'atelier confiture, il n'y a pas de minimum (mais plutôt un maximum puisque la bassine de cuisson ne fait que 100 l) et il n'y a pas non plus de technicien sauf la première fois. Le système de paiement de la prestation se fait au poids de produit fini.

Olivier TARDY nous fait visiter les deux ateliers.

Dans l'atelier "confitures", il nous présente les machines qui permettent la transformation : - bassine de cuisson, à gaz à bain d'huile,
- robot-coupe pour couper les fruits
- raffineuse pour séparer la pulpe des déchets
- empoteuse pour mettre en pot
- pasteurisateur et stérilisateur.


 


Bassine de cuisson de confitures


Empoteuse


Pour décider du mode de conservation, il faut mesurer le pH à l'aide du pH-mètre. Si le pH est inférieur à 4.5, la pasteurisation suffit, au-dessus il faut stériliser. Le pH est un indicateur d'acidité. Pour mesurer l'acidité totale, on utilise les outils de laboratoire de chimie : éprouvette, phénol-phtaléine ou bleu de bromothymol, descente de burette jusqu'au changement de couleur. Ensuite on multiplie par un coefficient selon le type d'acidité que l'on veut mesurer.
Pour les confitures, on doit aussi mesurer le degré "Brix" qui indique le taux de sucre, nécessaire pour se conformer à la législation.

Dans l'atelier jus de fruits, les fruits arrivent après voir été pesés, dans des pallox d'environ 350 kg. Ils sont déversés dans un canal d'arrivée des fruits où ils sont d'abord triés (élimination des fruits pourris et des impuretés). Les fruits descendent sur le canal jusqu'à une cuve remplie d'eau pour les laver. Ils remontent alors dans une colonne où ils se font raper. On les verse dans le pressoir sur des toiles dans un cadre. Quand la hauteur de fruits rapés est atteinte, on met le pressage en fonction. Le jus est recueuilli dans un bac puis transféré dans une cuve de décantation. La décantation se fait pendant le nettoyage de l'atelier...et la pause de midi ! Puis le jus est alors envoyé se faire pasteuriser à 75 ou 77 ° (selon le pH) pendant 5 secondes (pasteurisation à plaques). Puis il est mis en bouteilles.


 


Rape et presse à jus


Mise en bouteille du jus de pommes


Chaque lot de produits transformés doit être vérifié en laissant 3 pots ou bouteilles : 1 comme témoin, 1 pour l'étuve et 1 à conserver pour le service des fraudes.

Rédaction : Claude Fressonnet

 

 


Taille des arbres fruitiers : compte rendu de l'animation du 10 décembre 2010 à Lieurac
Animateur : Joël Bergeron

- Les différentes sortes de taille d'arbres fruitiers :
. la non-taille ! Par ex quand on plante un scion, il ne faut pas tailler la première année (à moins que le scion n'ait déjà 1.80 m de haut et qu'on doive en couper 50 cm !). De même pour les arbres de plein vent, après la plantation et la taille de formation, on laisse les arbres quelques années sans les tailler afin de les observer.
. La taille de formation : la première taille après la plantation, pour donner une forme à l'arbre.
. la taille d'entretien : on taille quelques branches en entier pour laisser pénétrer la lumière.
. La taille de restauration : pour les vieux arbres qui ont beaucoup de bois mort.

- D'abord observer l'arbre !
Comment il pousse ? Observer la pousse de l'année (le bout des branches). S'il est poussant et vigoureux ou s'il est vieillissant et qu'il ne fait plus de bourgeons à bois ? Quel est son porte-greffe ?
Dans quel état est-il ? Comment a-t-il déjà été taillé ?

S'il s'agit d'un vieil arbre, on fera une taille d'éclaircie en coupant tout le bois mort, surtout situé en parties inférieure des branches, là où la lumière pénètre difficilement, cela permet d'éviter les maladies.
D'autres soins qu'on peut leur faire :
. brosser les troncs avec une brosse chiendent ou plastique pour dénicher les larves d'insectes
. appliquer un badigeon : ¾ argile, ¼ bouse de vache, + décoction de prêle
. éventuellement chauler pour désinfecter : avec de la chaux vive éteinte, du lithotamne ou de la cendre tamisée.

- Arbres à noyaux ou à pépins ? Et quand tailler ?
peu de taille sur les arbres à noyau, sauf les pêchers qu'il faut tailler sévèrement (même quand ils sont déjà en fleurs !)
arbres à pépin : attendre la fin des grosses gelées, plutôt février-mars.

- Les outils :
. les désinfecter à l'alcool à brûler pour éviter les contaminations
. bien affûter les sécateurs, à la pierre à aiguiser
. bien "avoyer" les scies qui le demandent puis les passer au papier de verre
. les utiliser à bon escient : sécateur simple jusqu'à 1 cm de diamètre, scie ou sécateur à deux manches au-delà. Scie à bûche pour le bois mort, scie arboricole à coupe tirante pour le bois vert. Echenilloir pour les branches inaccessibles ou scie téléscopique, éventuellement utiliser l'échelle à 3 pieds.

- Comment bien couper une branche ?
C'est un point essentiel pour permettre une bonne cicatrisation, car tous les produits cicatrisants en fait ne servent pas à grand chose ! Une bonne coupe au bon endroit vaut tous les cicatrisants !
Il faut couper juste après la ride en haut de la branche jusqu'à juste après le bourrelet en bas de la branche.


 



- Lecture d'arbre :
Observation et compréhension avant toute intervention !
On apprendra à intervenir peu et à aller voir la "réponse" de l'arbre un an après, ou plus.
Chaque arbre a sa "personnalité" et surtout en verger amateur, il faudra apprendre à le connaître.
Nous faisons le tour de la centaine d'arbres fruitiers qui ont été plantés depuis une vingtaine d'années.

- 1er arbre :
Il est équilibré, bien ouvert. Il faut juste ôter les gourmands qui restent au pied. L'axe central est déjà trop avancé, il aurait fallu l'ôter avant !

- 2ème arbre :
Il est beaucoup trop fourni car il n'a pas été taillé depuis longtemps, il lui faut une taille d'éclaircie.
Tailler les branches en entier depuis un embranchement. On va "démarrier" les branches enchevêtrées, pour faciliter la circulation de la sève... de la même façon que la circulation routière sur un réseau de voies de circulation allant des autoroutes aux routes départementales en passant par les nationales … c'est à dire des charpentières aux brindilles en passant par les branches secondaires...
Cet arbre est très proche de son voisin, un autre pommier, les deux se comportent presque comme un seul arbre. Il arrive parfois qu'il y ait un arbre dominant, le figuier ou le noyer par exemple. Mais le mieux est de respecter les distances de plantation pour un meilleur équilibre de chaque arbre.


 



- 3ème arbre :
Il a été très bien taillé et se porte très bien.

- 4ème arbre :
Au contraire cet arbre très vigoureux a été taillé beaucoup trop fort et réagit fortement par une émission intempestive de gourmands verticaux sur les branches horizontales. Il faudra rabattre ces gourmands d'1/3 pour les plus forts, de 2/3 pour les plus faibles. Il aurait fallu respecter la forme naturelle de l'arbre au lieu de l'empêcher de s'exprimer.

- 5ème arbre :
Beaucoup trop proche de son voisin, c'est dommage. Chaque arbre a sa personnalité, il faut juste comprendre son fonctionnement et l'accompagner.

- 6ème arbre :
Il s'agit d'un cerisier atteint de moniliose. Il faut le traiter avec une bouillie bordelaise alternative dont la recette est donnée ci-dessous : une fois à l'automne et une fois au débourrement des bourgeons. La pousse de l'année n'est que de 10 cm, il est donc inutile de le tailler, il a presque atteint sa taille maximale.

- 7ème arbre :
Il s'agit d'un vieux poirier. Attention, un tas de terre a été mis à son pied, cela nuit à la respiration de ses racines et donc à son bon fonctionnement. Il faudra couper tout le bois sec. Il est trop proche de tous les arbres alentours, c'est pour cela qu'il a poussé en hauteur....
comment aller cueillir les poires si haut ??? Il faudra lui ôter tout le lierre qui entoure son tronc. Ainsi que le lichen s'il y en a trop (diluer du permanganate de potassium à 1 gr pour 10 l d'eau et pulvériser).

- Nous continuons notre tour de tous les arbres fruitiers plantés sur ce terrain :
. des figuiers très productifs bien que nécessitant une taille d'éclaircie en fin d'hiver,
. des noisetiers dont il faudrait tailler les jeunes repousses au pied
. un pommier isolé et un autre qui a poussé spontanément,
. un vieil arbre en bordure
. une rangée de pruniers espacés correctement, l'un d'eux a une branche cassée sous le poids des fruits, on la taille délicatement et proprement pour permettre une bonne cicatrisation.


 


taille de la branche cassée


- Voici donc la recette de la bouillie bordelaise "alternative" :
60 gr de graines de lin. Laisser macérer 48 h dans 1/2 l de vinaigre de vin rouge. Filtrer et broyer les graines macérées. Remettre le vinaigre et laisser macérer 2 à 3 semaines dans un récipient à l'abri de la lumière. Filtrer alors très finement (pour ne pas boucher le pulvérisateur).
Diluer le produit à raison de 5 cl par litre d'eau et ajouter 1cl de bouillie bordelaise. C'est efficace préventivement contre la moniliose et la tavelure.
Contre le mildiou rajouter de la décoction de prêle.
Pour traiter un arbre, c'est très long, il faut pulvériser dans toutes les branches partout car il s'agit d'un produit de contact et non d'un produit systémique. Si on utilise un atomiseur, c'est plus rapide.

Rédaction : Claude Fressonnet

 

 


Visite d'un verger bio à Saint-Quirc, le 10 juin 2011
Animateur : Alexandre FRANC

Fumure et travail du sol
Seul travail du sol intéressant : sous la frondaison au mois de mars. Limiter le travail du sol après la mi-mai (réchauffement du sol et accélération de la libération d'azote disponible popur les pucerons).
Pailler après le mois de mars.
Épandage de compost à l'automne, sans enterrer; éventuellement ensuite engrais.
Au printemps, pour donner un coup de fouet si nécessaire : farine de plumes, vinasse de betteraves ou guano de poisson.
Besoin en eau du pommier : 10 à 25 mm d'eau par semaine entre juin et septembre.

La tavelure des pommiers, poiriers
Si feuillage humide dans la journée, risque de tavelure. En avril-mai, bien traiter après pluie au cuivre (oxychlorure) + soufre. Renouveler le traitement après une pluie de 20 mm.
Contre la tavelure, utiliser le purin de prêle en avril-mai.
Comme mouillant et surtout stimulant des défenses naturelles de l'arbre, on peut utiliser 2 grains de sucre par machine de bouillie bordelaise (à l'automne).
Variété résistante Ariane, a peu de goût.

Les pucerons
- Le puceron cendré pond à l'automne sur le feuillage en train de chuter.
- Éclosion début mars où les femelles fondatrices griment à l'arbre.
· Après récolte, à l'automne, pulvériser sur feuilles en plusieurs fois de l'argile (se trouve chez PCEB, à Carcassonne ou Limoux), 5 kg d'argile pour 100 l d'eau et un l de solution par arbre, pour limiter les pontes (barrière physique). Bien rincer l'appareil sitôt après.
· Au printemps, vers le début mars, un jour sans gel à 15°C, pulvériser de l'huile de paraffine sur le tronc jusqu'à un mètre de hauteur, à mélanger avec un peu d'eau. Un litre pour 50 arbres.

- Contre le puceron lanigère, le soufre mouillable est efficace (en mélange avec de l'huile au début du printemps).
Le purin d'ortie est à utiliser juste après la floraison, sinon il favorise le puceron.
Alterner les rangées d'arbres avec des bandes fleuries permanentes hébergeant les micro-guèpes parasitant les ravageurs.
La Royal Gala est très sensible au puceron, à la différence de Golden Rush et Pinova.

Le carpocapse
L'idéal serait, à l'aide d'un mât, de couvrir l'arbre d'un filet à mailles de 4 mm x 4 mm.
Bon régulateur des carpocapses (1 h au crépuscule) : les chauves-souris (pipistrelles). Ménager des cavités et arbres creux.
Si le verger est assez grand (½ ha) et compact, utiliser la confusion sexuelle (diffuseurs à déposer fin avril 1 arbre sur 2).

La tordeuse orientale du pêcher ou “TOP”.
Même dégâts que le carpocapse (piqure et vers dans le fruit), mais en recrudescence depuis quelques années. Utiliser les filets et aussi la confusion sexuelle si le verger est assez grand.

Informations et bibliographie
le site Internet : “Arbo-Bio-Info” (Jean-Luc PETIT), abonnement annuel 10 €. (à noter qu'Atout Fruit est abonné à la version papier depuis plusieurs années).
Le livre “Le pré verger pour un développement durable” de Frédéric COULON, Philippe POINTEREAU et Isabelle MEIFFREIN, chez Solagro à Toulouse.

Rédaction : Guy Jimenez

 

 


La haie fruitière... ou haie gourmande, octobre 2011
Animateur : Pierre CONTAMINE

Pourquoi planter une haie en général ?
pour y implanter des niches écologiques : favoriser la biodiversité et les auxiliaires
pour l'esthétique, pour une barrière visuelle ou auditive
comme brise-vent, pour recréer un micro-climat
pour retenir l'eau, retenir la terre, pour dépolluer
comme biomasse, par exemple les saules tétards, pour le bois ou le fourrage
pour ses utilisations médicinales ou alimentaires (sureau, frêne, …)
comme clôture (éventuellement haies plessées)

Qu'est-ce qu'une haie gourmande ?
C'est une haie qui contient des arbres portant des fruits comestibles.

Quelles sont les espèces et variétés utilisables dans une haie gourmande ?
Eleagnus : par ex l'olivier de Bohême, porte des fruits comestibles pleins de vitamine C
toutes les rosacées :
l'églantier, ou rosier sauvage dont les fruits sont les cynorhodons mais la plupart des rosiers ont des fruits comestibles
les mûres sauvages (ou pas) et les framboisiers (voir plus loin la culture)
les pruniers, poiriers, pommiers, cognassiers ou Cydonia oblonga (le cognassier greffé donne des gros fruits peu parfumés, les sauvages le sont plus !), cognassier du Chine (Chaemomeles catayensis) dont les fruits se ramassent à terre en hiver, cerisiers, pêchers, prunelliers, aubépines, sorbiers (le sorbier domestique a des feuilles pleines, le sorbier des oiseleurs a des feuilles composées), ... mais tous ces arbres ne se plaisent pas forcément en haies.
Attention ! Chez toutes les rosacées, on peut manger quasiment toute la plante : bourgeons, feuilles, fleurs, fruits, mais la graine, si elle a le goût d'amande amère, contient du cyanure, toxique...
le sureau : attention à ne pas confondre sureau noir (Sambucus nigra) et sureau yèble, ce dernier est herbacé, pas vraiment comestible, ses ombelles sont tournées vers le bas.
Les viornes (Viburnum) : viorne obier (sauvage) ou boule de neige (décorative, cultivée)
les amélanchiers : il en existe de nombreuses variétés, de différentes hauteurs : lamarkki, canadensis, laevis (4 à 5 m), alnifolia (3 à 4 m), stolonifera, ovalis (2 à 3 m). Ce dernier est délicieux, le fruit est violacé, à maturité en juillet, il pousse sur sols calcaires et secs.
les néfliers : le néflier commun (Mespilus gernamnica) et le néflier du Japon (Eriobotra japonica). Ce dernier ne donne de fruits que dans les zones chaudes.
Les argousiers (Hipophae rhamnoides) : sorte de saule épineux de sols sableux, dioïque (mâles et femelles sur pieds séparés), donnent des fruits jaunes, pleins de vitamine C, à déguster en jus (on broie tout le rameau qui porte les fruits !) mélangé à du miel (1/3 miel, 2/3 jus d'arbouses) en cure à l'entrée de l'hiver !
Les arbousiers (Arbutus unedo) ou arbre à fraises (famille des éricacées), supporte les sols acides jusqu'à pH 4.
Aronia : deux espèces : melanocarpa, assez similaire à l'amélanchier, à cuire en confiture ou à consommer cru en fruit sec, et arbutifolia, dont le fruit rouge ressemble à celui de l'aubépine, l'arbuste a tendance à drageonner.
Etc ! Il existe de nombreuses espèces dont les fruits sont comestibles.

Comment planter une haie ?
Il est impératif de connaître la hauteur future et l'espace qu'ils nécessitent, des arbres que l'on veut planter, c'est déterminant pour la réussite de la haie (et de toute plantation dans un jardin d'ailleurs !)
De préférence on plantera des haies Nord-Sud pour un meilleur ensoleillement, car c'est le soleil qui donne le sucre des fruits.
On prévoiera d'abord les grands arbres qu'on espacera en fonction de leurs besoins, par ex tous les 5 ou 6 mètres. Et entre les grands arbres, on mettra du "remplissage" avec des espèces plus petites pour remplir les différentes "strates" : arborescente, arbustive, herbacée. Les plantes se procurent des bénéfices réciproques.
Quelques indications :
les fruits à noyau ont une ombre "diffuse" et se prêtent aux mélanges, alors que les fruits à pépins font beaucoup d'ombre et gêneraient les autres arbres.
Gelées tardives : au-dessus de 1.50 m, les arbres y sont peu sensibles, au-dessous si.
On peut aussi faire des bosquets.
Il vaut mieux diversifier les espèces pour limiter la contagion d'éventuelles contaminations.

Législation :
Si la haie fera plus de 2 m de hauteur, alors il faut planter à 2 mètres de la limite de propriété. Il faut tailler à l'applomb du voisin et tout ce qui dépasse est à lui !
Si elle fait moins de 2 m, alors il faut planter à 50 cm de la limite, mais il faut vraiment tailler la haie régulièrement.

Les petits fruits :
On peut les planter dans les haies, mais ils disparaîtront car ils ont besoin de lumière.
Rédaction : Claude Fressonnet

 

 


Le monde de l'osier, mars 2012
Animateur : Gérard GARRIGUES

Grâce à Gérard GARRIGUES, passionné d'osier, les adhérents d'Atout Fruit participant au stage ont pu voyager dans le monde de l'osier : sa culture, les différentes variétés et leurs usages, la récolte et le tri, les différentes qualités d'osier. Gérard GARRIGUES a présenté toute la filière de l'osier par un parcours très pédagogique.

L'oseraie
Tout d'abord nous avons visité l'oseraie, une plantation de 17 ans, sur environ un demi-hectare, soit 13000 boutures qui avaient été mises en terre à l'époque ! Pour une bonne production, les boutures doivent avoir le diamètre d'un crayon, la longueur de 20 cm et être enfoncées quasi totalement dans le sol à la plantation, à 10 cm d'espacement. On obtient une première récolte au bout de 3 ans et la durée d'une culture est d'environ 25 ans. Les principales variétés cultivées ici s'appellent “viminalis alba”, “purpurea” et Rouge belge. Egalement le “Noir de Villaine”. Pour obtenir des brins de qualité, c'est à dire longs et fins et le moins ramifiés possible, les boutures doivent être plantées très denses, très peu espacées, pour qu'elles poussent très verticalement. Le choix du champ influence également la qualité et la quantité de la production : bien exposé au sud, parfois inondé en hiver plus sec en été, les conditions parfaites sont ici réunies.... sauf certaines années comme 2011 où le printemps a été trop sec. La récolte se fait en février-mars, après les gelées, à la débroussailleuse munie d'une lame de scie : à deux personnes, l'une tenant la machine, l'autre les gerbes d'osier. Cette technique est très dangereuse mais relativement rapide et n'a necessité que peu d'investissements. Il existe des machines à récolter l'osier, mais très coûteuses car cette production est très marginale.La provenance des boutures de Gérard GARRIGUES est Laréole près de Bordeaux, en terrain d'alluvion, elles se sont très bien acclimatées au terrain de Limbrassac, l'oseraie est très résistante et n'a donc pas besoin d'être traitée. Il est également possible de conduire une oseraie en “tétard”, c'est à dire sur des troncs comme des saules. On n'a alors pas besoin de se baisser pour récolter, on ne craint plus le gel mais la mécanisation est moins aisée. La culture de Gérard est conduite sans pesticides ni desherbant. Les quelques maladies qui peuvent survenir sur l'osier sont la rouille, un champignon, et chrysomera populi, un insecte ressemblant à une sorte de doyphore rouge et dont les larves se nourissent du bourgeon apical... ce qui est fatal pour l'objectif recherché de brins non ramifiés !

Le hangar de stockage
L'osier destiné à la vannerie est trié et stocké dans un hangar-tunnel, une simple serre recouverte d'une bâche plastique noire. Gérard nous montre son poste de travail où il passe beaucoup de temps en mars-avril, après la récolte, pour trier tous les brins par longueurs et variétés différentes. Pour garder la fraîcheur de l'osier, il est important de le maintenir à l'abri de la lumière et au sec. Pour l'utiliser on le retrempera pendant 15 jours et il reprendra alors sa souplesse, c'est la “magie de l'osier” ! En vannerie il est parfois demandé de l'osier “blanc”, c'est à dire en fait, écorcé. Une machine, la “blanchisseuse” permet de peler rapidement les brins d'osier (trempés au préalable) pour une grande quantité. Pour quelques brins, un simple morceau de bois entaillé (d'une certaine façon, tout un art !) permet de transformer un brin d'osier brut en “osier blanc” : les pièces de vannerie seront alors plus fines, plus serrées, plus solides et dureront plus longtemps. Pour une durée encore supérieure, il faut alors le passer à l'autoclave, la seule solution pour pouvoir proposer une “garantie décennale” aux clients qui le demandent. L'osier blanc aussi est trié selon son diamètre et sa longueur, pour ses différents usages.


 



Le génie végétal
La petite rivière qui passe à Limbrassac a vécu une catastrophe en juin 2010 : en l'espace de 10 mn, son niveau a monté de 3 mètres, emportant tout sur son passage, inondant jardins et sous-sols... Pour prévenir de nouvelles crues, la commune s'est penchée sur des solutions techniques : l'enrochement aurait pû en être une, mais elle est désormais interdite par la Police des Eaux car elle n'est pas perenne. Le génie végétal en revanche, est recommandé. Gérard GARRIGUES a donc proposé d'utiliser l'osier pour stabiliser les berges de la rivière, proposition qui a été retenue. Il nous montre le résultat impressionnant et nous explique le déroulé des travaux : des madriers appartenant à la commune ont été posés horizontalement parallèment à la rivière, tenus par des fers à béton (acier tor) perpendiculaires à la berge. Des pieux de saule vivant ont été plantés au pied des madriers, verticalement et enfoncés profondément. Quelques jeunes boutures ont été ensuite plantées parallèlement à la berge, en contre haut des madriers, pour renforcer l'ouvrage ultérieurement, et qui seront tressés en facines. À l'automne 2012, de la terre sera ajoutée encore. Le résultat est surprenant et l'efficacité garantie ! Un peu plus loin, en aval, Gérard nous montre un autre ouvrage de génie végétal, malheureusement non visible de la route et absolument magnifique ! Il s'agit de fascines tressées horizontalement … et patiemment ! Des boutures longues ont été plantées dans les berges puis tressées horizontalement pour se développer en osier vivant. Mais de tels ouvrages doivent être arrosés régulièrement les trois premières années, ce qui n'a pas été le cas, d'où un pourcentage d'enracinement moindre (néanmoins 80 % tout de même, Gérard en attendait 40 % !). Plusieurs variétés d'osier avaient été plantées pour assurer un enracinement maximal. Toujours en osier vivant, Gérard nous montre des cabanes pour enfants dans le “jardin public” de Limbrassac, succès assuré auprès des intéressés ! …. Malheureusement la commune n'assure pas toujours l'arrosage (indispensable les trois premières années) et ne respecte pas l'environnement en mettant du desherbant tout proche, quel dommage !

 




Travaux pratiques
Après toutes ces présentations et visites, les participants ont été invités à mettre la main à la pâte pour apprendre des rudiments de techniques de fascines et plessis. Quelle est d'ailleurs la différence entre les deux ? Pour la première, il s'agit d'osier vivant qui va bouturer, s'enraciner et pour le deuxième c'est en général de l'osier blanc, sec. Tous les 20 cm on plante les montants : de l'osier blanc pour les plessis, montants que l'on arquera horizontalement à la fin quand on aura atteint la hauteur désirée. Horizontalement, on va ensuite tresser les brins d'osier, devant, derrière... : d'abord serré en bas pour assurer la tenue de l'ouvrage (point en “super”) puis on tressera la brins par trois (“torche à trois” ou à 4, …) ou encore “planchette” avec plusieurs brins en nombre impair, côte à côté tressés ensemble, ça va plus vite ! Les stagiaires s'essaient chacun à son tour aux différents points de vannerie et aux techniques : “pied sur pied” ou “cime sur cime” pour faire les raccords de brins, “corder” les brins d'osier dans les demi-tour pour les assouplir. Toujours bien humidifier l'osier pour en maintenir la souplesse, etc. Et toujours avoir une vue globale de l'ouvrage pour équilibrer l'ensemble, tout un art ! Pour la haie vivante on plante de grandes boutures (dans un trou que l'on complète ensuite d'une poignée de compost) tous les 25 cm, quatre au bout, deux par poquet sur le rang (on peut aussi tout doubler pour avoir un autre effet). On va ensuite lier les brins d'osier par des liens, en formant des losanges parfaitement réguliers pour un effet esthétique assuré, pas facile !

Vannerie
La visite se termine enfin par la présentation de différentes sortes de paniers : différentes techniques, différents matériaux pas forcément en osier, de l'éclisse de châtaignier peut servir pour des paniers. Gérard GARRIGUES a fait la seule école de vannerie et d'osiériculture de France (l'une des trois en Europe !), à Fayl-Billot sur le Plateau de Langres, Haute-Marne. Il a gardé les chefs d'oeuvre de fin d'étude, de vrais petits bijous de paniers !

Exposition de livres, affiches, projets...
Enfin pour terminer la visite et pour susciter des vocations, Gérard avait préparé toute une exposition de livres sur la vannerie et le génie végétal, des affiches montrant des réalisations qu'il a faites (jardin médiéval à Dun par exemple). Il présente un projet possible de développement autour du thème de l'osier... une occasion à saisir sur Mirepoix ?

Rédaction : Claude Fressonnet

 

 

Association ATOUT FRUIT
1 Chemin de la Mestrise
09500 MIREPOIX
atout.fruit@gmail.com

président : Paul COEFFARD

Animatrice : Claude Fressonnet
tél : 05 61 60 18 95